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Séjour culturel : entre mer, traditions, forêt et aluminium

À Sept-Îles, l’histoire ne se découvre pas seulement dans les musées. Elle se lit dans la baie, sur les quais, au cœur de la forêt boréale et dans les grandes installations industrielles qui bordent le territoire. La culture locale de Sept-Îles s’est construite au fil de plusieurs réalités qui continuent aujourd’hui de se rencontrer : la présence millénaire des Innus, la vie maritime, le commerce des fourrures, l’exploitation forestière et le développement minier et industriel.

Visiter Sept-Îles lors d’un séjour culturel, c’est donc découvrir bien plus qu’une ville de la Côte-Nord. C’est entrer dans un territoire où la nature a toujours influencé les déplacements, les traditions, les métiers et les modes de vie.

 

La mer au cœur de l’histoire de Sept-Îles

Bien avant le développement de la ville moderne, la baie de Sept-Îles constituait déjà un lieu privilégié pour les déplacements, la pêche et les rassemblements. L’archipel, composé de sept îles principales, forme une protection naturelle devant la baie et offre un abri aux embarcations.

En août 1535, Jacques Cartier consigne l’une des premières descriptions européennes connues de l’archipel, qu’il désigne notamment sous le nom de « Sept Yles ». Le territoire était toutefois fréquenté depuis plusieurs millénaires par les premières nations, bien avant l’arrivée des explorateurs européens.

Au fil des siècles, la mer devient essentielle à l’économie locale. La pêche attire des familles sur les rives de la baie, tandis que les installations maritimes facilitent le commerce et le transport des ressources. Au début du XXe siècle, une entreprise norvégienne construit même à Pointe-Noire une fabrique d’huile de baleine. Mise en activité en 1905, elle fonctionne jusqu’en 1914.

Aujourd’hui encore, le Vieux-Quai, la marina et les excursions dans l’archipel rappellent la relation étroite qui unit Sept-Îles au fleuve et au golfe du Saint-Laurent. La mer demeure à la fois un paysage, une voie de transport et une partie importante de l’identité locale.

 

La culture innue, une présence vivante

La culture innue constitue l’un des fondements de l’histoire et de l’identité de Sept-Îles. Des peuples autochtones fréquentent la Côte-Nord depuis plusieurs millénaires. Leur mode de vie traditionnel suivait le rythme des saisons. Durant la période plus douce, les familles se rassemblaient principalement sur le littoral. À l’automne et en hiver, elles se déplaçaient vers l’intérieur du Nitassinan, leur territoire ancestral, afin de chasser, de pêcher et de suivre les ressources disponibles.

Aujourd’hui, les communautés de Uashat et de Mani-utenam font pleinement partie du paysage culturel de la région. La langue innue, l’innu-aimun, les récits transmis par les aînés, l’artisanat, la musique, les pratiques territoriales et la création contemporaine témoignent d’une culture vivante qui continue d’évoluer.

Pour mieux la comprendre, le Musée Shaputuan est un lieu incontournable. Le mot « shaputuan » désigne une grande tente traditionnelle servant de lieu de rassemblement, de transmission et de partage. L’exposition permanente du musée présente notamment le cycle annuel des Innus, leur relation avec le territoire et leur capacité à adapter leurs déplacements aux saisons et aux ressources naturelles. Cette visite permet de dépasser les connaissances générales pour découvrir une culture riche, actuelle et profondément enracinée dans le territoire nord-côtier.

 

Le Vieux-Poste et le commerce des fourrures

Dès la seconde moitié du XVIIe siècle, des activités de traite des fourrures sont documentées dans la baie de Sept-Îles. La date exacte de création du premier poste de traite demeure incertaine, mais le secteur devient rapidement un lieu d’échanges entre les Innus et les commerçants européens.

Les fourrures sont alors échangées contre différents produits apportés par les marchands français, puis britanniques. Ces activités commerciales modifient progressivement les habitudes, les déplacements et les relations entre les populations présentes sur le territoire.

Le Vieux-Poste de Sept-Îles permet aujourd’hui de mieux comprendre cette période. Le site est une reconstitution d’un poste de traite du XVIIIe siècle, réalisée en 1967 à partir de plans, de maquettes et de mesures tirées d’un inventaire de 1786.

La visite du Vieux-Poste complète particulièrement bien celle du Musée Shaputuan. Ensemble, ces deux lieux permettent d’explorer différentes perspectives sur l’histoire de Sept-Îles, les échanges commerciaux et les transformations vécues par les populations innues.

 

Clarke City et l’histoire de l’exploitation forestière

Au début du XXe siècle, une nouvelle industrie transforme le territoire : l’exploitation forestière. Les frères George et William Clarke choisissent le secteur de la rivière Sainte-Marguerite pour y établir une usine de pâte à papier.

Entre 1900 et 1904, un village est construit pour accueillir les travailleurs et leurs familles. La pulperie entre en activité en 1908 et sera par la suite exploitée sous le nom de Gulf Pulp and Paper Company.

Clarke City devient alors l’un des premiers centres industriels importants de la Côte-Nord. Pour soutenir les activités de l’usine, l’entreprise fait construire une centrale hydroélectrique, un quai et le premier chemin de fer de la région. Cette voie ferrée permet de transporter la pâte à papier sur plus de douze kilomètres, entre l’usine et le quai de chargement.

L’usine cesse ses activités en 1967, puis Clarke City est fusionnée à Sept-Îles en 1970. Aujourd’hui, le secteur conserve plusieurs traces de cette époque, notamment une ancienne locomotive et des installations d’interprétation rappelant la vie dans cette ville de compagnie.

Cette partie de l’histoire montre comment la forêt boréale a participé à la croissance de Sept-Îles.

 

Le minerai de fer, le port et l’aluminium

À partir du milieu du XXe siècle, l’exploitation des importants gisements de fer situés au nord de Sept-Îles transforme profondément la ville. Des voies ferrées sont construites pour relier les sites miniers aux installations portuaires de la baie.

Grâce à son port en eau profonde et à sa position géographique stratégique, Sept-Îles devient un point de départ essentiel pour l’exportation des ressources de la Côte-Nord et du Labrador.

L’industrie de l’aluminium ajoute ensuite une nouvelle page à cette histoire. L’implantation d’Aluminerie Alouette est annoncée en 1989, et la première tonne d’aluminium est produite en juin 1992. Le choix de Sept-Îles s’explique notamment par la présence du port, l’accès à l’énergie électrique et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée.

L’Aluminerie Alouette est aujourd’hui la plus importante aluminerie des Amériques et le Port de Sept-Îles est le plus important port minéralier d’Amérique du Nord. D’ailleurs, il est possible de visiter l’aluminerie durant la période estivale, une visite guidée à ne pas manquer pour tout comprendre sur l’histoire et la culture de Sept-Îles.

 

Comment découvrir la culture locale de Sept-Îles?

Pour découvrir l’histoire et la culture locale de Sept-Îles, commencez par le Musée Shaputuan, puis poursuivez votre visite au Vieux-Poste. Le Musée régional de la Côte-Nord permet également d’en apprendre davantage sur l’occupation du territoire, les modes de vie et le développement régional.

Une promenade dans le secteur du Vieux-Quai offre ensuite un point de vue concret sur l’importance de la mer. Pour compléter l’expérience, une excursion dans l’archipel ou une visite de Clarke City permet d’explorer les paysages et le patrimoine industriel de la région.

Situé au cœur de la ville, Hôtels Gouverneur Sept-Îles constitue un point de départ pratique pour parcourir ces différents lieux et découvrir la Côte-Nord à votre rythme.

 

La culture locale de Sept-Îles ne se résume pas à une seule époque ni à une seule industrie. La présence innue en constitue le fondement vivant. La mer a permis les déplacements, la pêche et les échanges. La forêt a favorisé la naissance de Clarke City. Le minerai de fer, le port et l’aluminium ont ensuite façonné la ville moderne. Venir à Sept-Îles, c’est découvrir une histoire nord-côtière forte, complexe et profondément humaine.

 

FAQ sur la culture et l’histoire de Sept-Îles

Pourquoi la ville porte-t-elle le nom de Sept-Îles?
Le nom fait référence aux sept îles principales de l’archipel situé devant la baie. En août 1535, Jacques Cartier décrit le secteur dans son journal et utilise notamment l’appellation « Sept Yles ». Le territoire possédait toutefois déjà des noms en innu-aimun et était fréquenté par les peuples autochtones depuis plusieurs millénaires.

Où peut-on découvrir la culture innue à Sept-Îles?
Le Musée Shaputuan est l’un des principaux lieux consacrés à la culture innue dans la région. Son exposition permanente présente le cycle des saisons, le mode de vie traditionnel, le rapport au territoire et les pratiques de transmission. Les communautés de Uashat et de Mani-utenam participent également activement à la vie culturelle de Sept-Îles.

Pourquoi la mer est-elle importante dans l’histoire de Sept-Îles?
La baie et son archipel offrent une protection naturelle aux embarcations. La mer a facilité la pêche, les déplacements, le commerce des fourrures et l’arrivée de nouvelles populations. Elle joue aujourd’hui un rôle essentiel dans le transport du minerai de fer, de l’aluminium et de différentes marchandises.

Que peut-on voir au Vieux-Poste de Sept-Îles?
Le Vieux-Poste est une reconstitution d’un poste de traite du XVIIIe siècle. Le site permet de mieux comprendre les échanges de fourrures entre les Innus et les commerçants européens, ainsi que les transformations économiques et sociales liées à la traite.

Que reste-t-il de l’histoire forestière de Sept-Îles?
Le secteur de Clarke City conserve la mémoire de l’industrie forestière du début du XXe siècle. On peut notamment y voir une ancienne locomotive et différents éléments d’interprétation. Le site rappelle l’existence de la pulperie, de la centrale hydroélectrique et du premier chemin de fer de la région.

Quel rôle l’aluminium joue-t-il à Sept-Îles?
Depuis le début de la production d’Aluminerie Alouette en 1992, l’aluminium occupe une place importante dans l’économie locale. L’industrie bénéficie de la présence d’un port en eau profonde, de l’accès à l’électricité et du savoir-faire régional. Elle constitue aujourd’hui l’un des principaux secteurs industriels de Sept-Îles.

Quels musées visiter à Sept-Îles?
Parmi les principaux lieux à découvrir figurent le Musée Shaputuan, le Musée régional de la Côte-Nord et le Vieux-Poste. Ces sites abordent la culture innue, l’histoire maritime, le commerce des fourrures, l’occupation du territoire et le développement économique de la région. En été, l’Aluminerie Alouette ouvre également ses portes au public et propose des visites guidées (sur réservation).